{"id":177,"date":"2019-07-03T22:53:28","date_gmt":"2019-07-03T20:53:28","guid":{"rendered":"http:\/\/matthieuchevillot.com\/?p=177"},"modified":"2020-03-31T18:53:18","modified_gmt":"2020-03-31T16:53:18","slug":"jour-iii-day-iii-saint-jean-dangely-fontenay-le-comte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/matthieuchevillot.com\/index.php\/2019\/07\/03\/jour-iii-day-iii-saint-jean-dangely-fontenay-le-comte\/","title":{"rendered":"Jour III \/ Day III : Saint-Jean-D&#8217;Ang\u00e9ly &#8211; Fontenay-le-Comte"},"content":{"rendered":"\n<p>\nNouvelle\njourn\u00e9e,\nnouvelle aventure&nbsp;! Apr\u00e8s un petit d\u00e9jeuner bien garni, et\navoir laiss\u00e9 en guise de remerciement quelques-unes de mes\nvictuailles \u00e0 mon h\u00f4te, je referme le portail devant le labrador de\nla maison, pour que ce dernier ne s\u2019\u00e9chappe pas. En quelques\nminutes, je suis sorti de Saint-Jean-d&#8217;Ang\u00e9ly. Les\nvoitures sont encore rares. Je\nvais longer l\u2019A10 par son\nc\u00f4t\u00e9 ouest sur\nla\nd\u00e9partementale 120\nqui file du sud\nau nord, et\nentrer dans le pays poitevin.<\/p>\n\n\n\n<p>Les\ncollines se succ\u00e8dent, ce qui brise l\u2019allure, et vide les jambes.\nHeureusement, quelques belles descentes surviennent apr\u00e8s des\nascensions m\u00e9ritantes.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est\npendant ces phases lentes et intenses que je red\u00e9couvre le pouvoir\nmagique du chant sur le moral&nbsp;: non seulement chanter vous\ndivertit l\u2019esprit, mais il raffermit la volont\u00e9, et r\u00e9veille\nquelque \u00e9nergie encore en stock. Pour cela, la Marseillaise est tr\u00e8s\nefficace&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Et\npuis encore\nles surprises que r\u00e9serve le voyage&nbsp;: apr\u00e8s avoir rapidement\nopt\u00e9 pour un coin\nde\nbosquet, derri\u00e8re un tas de d\u00e9combres\npour all\u00e9ger ma vessie, je savoure cet instant de qui\u00e9t\u00e9, seul. \u00c0\nproximit\u00e9, dans le bosquet, entre les brises de vents, je per\u00e7ois\nles sonorit\u00e9s discr\u00e8tes des branches pi\u00e9tin\u00e9es, des buissons\nfroiss\u00e9s par un passage. Un animal sauvage, me disais-je.<\/p>\n\n\n\n<p>Retourn\u00e9\n\u00e0 mon v\u00e9lo, je prends une barre de c\u00e9r\u00e9ales pour me redonner un\npeu de tonus, et quelle ne fut pas ma surprise de me trouver en face\nd\u2019un paysan, salopette en jean, chemise \u00e0 carreaux et gilet de\nlaine. Son visage abondamment frip\u00e9 laissait deviner qu\u2019il n\u2019avait\nplus vingt ans.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait\nlui, dans le bosquet, en train de faire sa promenade. Malgr\u00e9 ses\nquatre-vingt-dix ans, il est encore du bon c\u00f4t\u00e9 de la barri\u00e8re, et\nvit dans la ferme qu\u2019il a longtemps exploit\u00e9e, mais c\u2019est un de\nses neveux qui a repris l\u2019exploitation. Du bl\u00e9 et du ma\u00efs, voil\u00e0\nce qu\u2019ils cultivent principalement. Les bovins, l\u2019\u00e9levage, c\u2019est\ntermin\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es, me confia-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s\nl\u2019avoir salu\u00e9, je reprends le chemin, et arrive apr\u00e8s une heure\nofficiellement dans le pays du marais poitevin. Une petite aire de\nrepos ombrag\u00e9e se trouve imm\u00e9diatement apr\u00e8s cette fronti\u00e8re\npittoresque, et surtout en bordure de rivi\u00e8re, moribonde en ce d\u00e9but\nd\u2019\u00e9t\u00e9 sec, mais les batraciens s\u2019en donnent \u00e0 c\u0153ur joie, et\naccaparent toute mon attention.<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0\nque je me retrouve \u00e0 avancer \u00e0 pas de loup jusqu\u2019au bord de la\nrive pour tenter d\u2019apercevoir un de ces chanteurs\ndes marais, mais sans succ\u00e8s. M\u00eame centim\u00e8tre par centim\u00e8tre, ils\nont sans doute senti mon approche, et observ\u00e9 le silence. Un peu\nd\u00e9pit\u00e9 malgr\u00e9 tout, je remonte en selle et reprends le chemin.<\/p>\n\n\n\n<p>La\njourn\u00e9e est de plus en plus chaude, et je fais halte dans un petit\nvillage, Coulon,\no\u00f9 je trouve\nune brasserie o\u00f9 je mange\nplus que d\u2019ordinaire, mais \u00e0 besoin. Puis je m\u2019avise de rester \u00e0\nl\u2019ombre jusqu\u2019\u00e0 trois ou quatre heures de l\u2019apr\u00e8s-midi, afin\nde ne pas trop souffrir des chaleurs et de d\u00e9shydratation. Puis\nvient le moment de la reprise. Je passe par Glande, Benet,\nBouill\u00e9-Courdault, Mauvais, La Porte de l\u2019\u00cele, La Souil, et\nFontenay-le-Comte, qui\nappara\u00eet enfin sur les panneaux indicateurs comme un regain de\ns\u00e9rieux dans la typologie des villes&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais\nj\u2019ai encore de l\u2019avance. Mon h\u00f4te n\u2019a pas encore d\u00e9bauch\u00e9,\nmais il me fait savoir par texto que je peux m\u2019adresser \u00e0 sa\nvoisine pour d\u00e9poser mes bagages et continuer la visite de la ville\nen mode \u00ab&nbsp;l\u00e9ger&nbsp;\u00bb. C\u2019est en effet \u00e0 une personne\naffable et serviable que j\u2019ai eu affaire, et qui en tr\u00e8s peu de\ntemps m\u2019a m\u00eame donn\u00e9 acc\u00e8s \u00e0 son jardin et \u00e0 un abri pour y\nd\u00e9poser mon chargement, \u00e0 l\u2019abri des regards et du passage. Une\nvraie amiti\u00e9 existe entre mon h\u00f4te et son voisinage, ce qui est de\nbon augure&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Et\nmon sentiment ne m\u2019a pas tromp\u00e9&nbsp;: c\u2019est un jeune homme\nd\u2019une trentaine d\u2019ann\u00e9es, travaillant dans les assurances, et\ndot\u00e9 d\u2019une g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et d\u2019une accessibilit\u00e9 louables. Lui\net sa compagne semblaient filer le plus serein et confiant des\namours. La soir\u00e9e fut h\u00e9las trop courte pour nos discussions, et il\nfallut interrompre nos fructueux \u00e9changes et partir se coucher.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nouvelle journ\u00e9e, nouvelle aventure&nbsp;! 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