Jour II- Day II : Jonzac- Saint-Jean-d’Angely

Après la nuit au camping, et un réveil humide, je refis mon bagage pour la route, et repris le chemin vers 08:30. Le soleil était radieux, sans être trop ardent. J’entre dans un pays où les vestiges romains sont nombreux, et indiqués sur la carte. Après Pons (le ‘s’ est muet), juste avant de quitter la ville, je déniche un panneau annonçant un bout de route romaine. Et en effet, l’ouvrage, presque englouti par la végétation, laissait deviner le pavage de gros carreaux de pierre, profondément ravinés par le passage mordant et métallique des roues de charrettes.


Plus loin, bien plus loin, après avoir gravi le coteau de vignobles au sud de Saintes, niché entre des axes routiers importants, mon regard balaie le paysage, et je m’aperçois de l’immensité des champs de blés au milieu desquels la route se fraye un chemin. Je me croyais comme roulant sur une jetée, ou une digue, cernée par des océans blonds, reliant entre eux les récifs habités de maisons blanches et terre cuite.

Et plus loin, encore plus loin, un amphithéâtre romain, consistant en un demi-cercle face à une estrade, le tout couvert d’une généreuse herbe en fleurs.
À l’entrée du site, un bosquet méditerranéen fait de pins parasols et de cyprès, avec des colonnes sculptées disloquées, dispersées au sol, se présente à moi comme l’îlot naufragé d’un lointain amusement, d’une fête abandonnée, désormais enfouie sous le silence et l’oubli…

Encore quelques instants au milieu de cette scène « Rome-antique » pour méditer sur la fugacité des civilisations, puis je me remis en selle, vers Mediolanum Santonum, aujourd’hui nommée Saintes !

Et c’est peu dire que je fus servi : un cirque en ruine, et un arc de triomphe dans la même ville !

Si l’architecture du cirque, par ses arches borgnes, avaient quelque chose de majestueux dans cet écrin verdoyant, la réalité de sa fonction première ne pouvait que m’embarrasser, avec mes yeux du XXIe siècle : dans cette fosse, s’y battaient les gladiateurs, mais y étaient aussi exécutés les condamnés à mort, soit par le supplice prévu ou par jeu cruel, face à des bêtes fauves. C’était un lieu de spectacle violent, paraît-il très apprécié de la population.
Concernant les peines capitales, les anciens romains ont fait preuve d’une ingéniosité assez morbide pour justifier une échelle de sanctions qui, aujourd’hui, serait aussi peu défendable que la charia pratiquée par les extrémistes musulmans.

Je fis halte pour le déjeuner dans une brasserie. La serveuse était fort avenante, et après toutes ces ruines silencieuses, une présence féminine bien vivante ne pouvait que me rappeler au présent.

Un au revoir à Saintes, et un dernier arrêt devant l’arc de triomphe…

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